Ce 10 juin 2021 le Gouvernement ainsi que le peuple de la République argentine commémorent le 192ème anniversaire de la création du Commandement politique et militaire des Îles Malvinas et les îles adjacentes au cap Horn par le Gouvernement de la province de Buenos Aires.
Dès le début du processus d'émancipation en 1810, en tant qu'héritière des territoires espagnols de l'Atlantique Sud, l'Argentine exerce en permanence ses droits sur les archipels australs qui s'y trouvent. Depuis 1767, la juridiction espagnole avait été exercée sans interruption par une succession de 32 gouverneurs résidant sur les îles et relevant de Buenos Aires, jusqu’en 1811 lorsque l’Espagne a retiré la garnison (tout en laissant des signes de possession) dans le cadre de la guerre de l’indépendance du Río de la Plata.
En 1820 a eu lieu le premier hissage du drapeau argentin sur les îles Malvinas, dont le bicentenaire a été commémoré le dernier 6 novembre. Le gouvernement argentin a également établi des normes et des structures juridiques et administratives qui ont consolidé le plein exercice de sa souveraineté, y compris la promotion du développement des activités commerciales et l'établissement d'une population.
Un jalon du processus de consolidation de l'exercice de la souveraineté argentine sur les îles de l'Atlantique Sud a été la promulgation du décret signé par le gouverneur de la province de Buenos Aires, Martín Rodríguez, le 10 juin 1829, créant la structure gouvernementale que nous connaissons, à la tête de laquelle a été désigné M. Luis Vernet, qui s'est installé sur les îles et y a exercé publiquement son autorité et sa juridiction, et établissant que « les îles Malvinas et celles adjacentes au cap Horn sur la mer Atlantique seraient gouvernées par un Commandant politique et militaire désigné immédiatement par le Gouvernement de la République".
Toutefois, le 3 janvier 1833, ledit exercice effectif de la souveraineté s’est vu interrompu par un acte illégal du Royaume-Uni, qui a occupé les îles de manière illégale et a chassé les autorités argentines légitimes y installées ainsi que la population existante. Cette usurpation a ainsi porté atteinte à l’intégrité territoriale de la Patrie, une situation qu’aucun Gouvernement argentin n’a jamais consenti au long de plus de 188 ans d’histoire.
Depuis lors, il subsiste un différend sur la souveraineté entre la République Argentine et le Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord, reconnu par l’Assemblée générale de Nations unies en vertu de la résolution 2065 (XX) adoptée en 1965.
Conformément à la Résolution susmentionnée, depuis 1966 et pendant 16 ans, les deux pays ont mené des négociations pour trouver une solution au différend de souveraineté.
Cependant, malgré les innombrables invitations de l'Argentine et l'exhortation des Nations Unies, le Royaume-Uni refuse systématiquement de reprendre les négociations de souveraineté.
À la fois, la communauté internationale a réitéré le besoin de reprendre les négociations bilatérales dans les plus brefs délais, ce qui a été consigné par 10 résolutions de l'Assemblée générale et par 38 résolutions du Comité spécial des Nations Unies sur la décolonisation et dans de nombreuses déclarations d'instances régionales et multilatérales. telles que l'OEA, le G77 plus la Chine, le MERCOSUR, le Sommet ibéro-américain, la CELAC, le SICA, le PARLASUR, le PARLACEN, le Forum de coopération Amérique du Sud-Afrique (ASA) et le Sommet amérique du sud- pays arabes (ASPA).
Le refus de se conformer à l'obligation de reprendre les négociations de souveraineté est aggravé par l'introduction continue d'actes unilatéraux par le Royaume-Uni.
Ces actions comprennent l'exploration et l'exploitation des ressources naturelles renouvelables et non renouvelables - ce que l'Argentine a toujours rejeté.
De même, le Royaume-Uni maintient une présence militaire injustifiée et disproportionnée sur les îles et y effectue régulièrement des manœuvres et des exercices contres lesquels l'Argentine a vigoureusement protestés et qui vont à l’encontre des appels des nombreuses résolutions des Nations unies et d'autres organismes internationaux.
Tous ces actes sont contraires à la résolution 31/49 de l'Assemblée générale des Nations unies et ont suscité des expressions de souci et de rejet de la part de la communauté internationale. Plus particulièrement, la présence militaire est contraire à la Résolution 41/11 de l’Assemblée générale (Zone de paix et de coopération de l’Atlantique sud) qui, entre autres dispositions, exhorte les États de toutes les autres régions, notamment les États importants du point de vue militaire, à respecter scrupuleusement la région de l’Atlantique sud en tant que zone de paix et de coopération, plus particulièrement à travers la réduction et éventuelle élimination de leur présence militaire dans ladite région.
La récupération du plein exercice de notre souveraineté sur les Îles Malvinas, Géorgies du Sud, Sandwich du Sud et les espaces maritimes et insulaires correspondants, conformément aux principes du droit international et tout en respectant le mode de vie de leurs habitants est un objectif permanent et imprescriptible du peuple argentin, tel qu’il est établi par la première clause transitoire de notre Constitution nationale.
En ce sens, le gouvernement de la République argentine est consacré à la conception et à la mise en œuvre de politiques de l'État pour atteindre cet objectif.
C’est ainsi qu’en réaffirmant les droits légitimes de souveraineté au cours de l'année 2020, le Parlement argentin a adopté à l'unanimité trois lois qui renforcent le travail pour la revendication argentine.
En premier lieu, a été créé le Conseil national des affaires relatives aux Îles Malvinas, Géorgies du Sud et Sandwich du Sud et les espaces maritimes environnants dans le but de constituer un espace pluriel au plus haut niveau institutionnel afin de concevoir des stratégies d’État à moyen et à long terme.
En même temps, le Gouvernement argentin continue de redoubler d'efforts, toujours par des moyens pacifiques, la diplomatie et le respect du droit international, pour consolider l'appui de la communauté internationale à la Question des îles Malvinas et parvenir à ce qu’un consensus, par le biais d’organismes multilatéraux, crée les conditions pour que le Royaume-Uni reprenne les négociations bilatérales sur la souveraineté dans les termes proposés par les Nations unies dans la Résolution 2065 (XX) de l'Assemblée générale et une pluralité de résolutions de diverses organisations et forums internationaux.
La République argentine réaffirme encore une fois sa souveraineté sur les Îles Malvinas, Géorgies du Sud et Sandwich du Sud ainsi que sur les espaces maritimes environnants, qui font partie intégrale de son territoire national, ainsi que sa pleine disposition à reprendre dans les plus brefs délais les négociations de souveraineté avec le Royaume-Uni dans le but de trouver une solution définitive à cette situation coloniale.
Buenos Aires, le 10 juin 2021